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Anne
de Bretagne
Reine de France (1477-1514)

" C'est l'ardent feu rendant
les étincelles
De charité et de vertu l'enseigne,
L'honneur de France et gloire de Bretaigne. "
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Née en 1477, Anne de Bretagne est la fille du Duc François
II de Bretagne. Son enfance est rhytmée par les trahisons des
seigneurs bretons et les manoeuvres et attaques répétées
de la France pour s'approprier le duché.
Formée dès son plus jeune âge aux affaires de l'état,
Anne a 11 ans et demi lorsque son père meurt et qu'elle prend
les rênes du pouvoir. Les prétendants affluent, et c'est
finalement Maximilien d'Autriche qui l'épouse par procuration.
Le premier mariage
Cette union mécontente Charles
VIII, déjà lié par un mariage blanc avec Marguerite
d'Autriche fille de Maximilien, d'autant plus que la France se retrouverait
cernée à l'Est et à l'Ouest par une telle alliance.
Il envoie une nouvelle fois ses troupes contre la Bretagne et soumet
la plupart des villes Bretonnes, puis assiège Rennes où
s'est réfugiée Anne. Cette fois le peuple supplie la Duchesse
de rompre avec Maximilien
et de consentir à l'union avec le roi des Francais. Elle rencontre
Charles VIII , les jeunes gens se fiancent à Rennes, et Rome
les libère de leurs précédents engagements. Les
noces sont célébrées au Château Royal de
Langeais le 6 décembre 1491.
Afin de régler la question des droits de chacun à la
succession de Bretagne, on avait opté pour la formule de l'abandon
mutuel au profit du dernier survivant si l'union des époux demeurait
stérile. Au cas où le roi décéderait avant
sa femme, celle-ci redeviendrait automatiquement duchesse de Bretagne
mais devait s'engager, soi à ne jamais se remarier, soit à
épouser le futur roi de France ou, à défaut, le
premier prince dans l'ordre de succession au trône. Quelles que
fussent les circonstances, la Bretagne se trouvait donc condamnée,
de toute façon, au rattachement à la France.
De cette union naîtra le Dauphin Charles-Orland qui mourra à
3 ans, puis trois autres enfants, morts en bas âge ou à
la naissance.
En 1498 Charles VIII meurt d'un accident stupide (il se heurte la tête
contre le linteau d'une porte). Sa mort restaure Anne dans ses prérogatives
de souveraine bretonne. Deux jours après, Anne rétablit
la Chancellerie de Bretagne. Après ces six années où
elle avait été reléguée à un rôle
décoratif, elle reprend avec énergie les rênes de
son duché.
Le second mariage
Louis d'Orléans, devenu Louis XII, propose un nouveau mariage
à Anne de Bretagne. Cette fois, ce n'est plus une duchesse vaincue
qui épouse son vainqueur pour éviter un désastre
à son peuple, mais une souveraine indépendante qui accepte
librement de se donner au Roi de France sans pour autant avoir l'intention
d'aliéner sa patrie. Le mariage a lieu à Nantes le 8 janvier
1499 ; il sera suivi de la naissance d'une fille, Claude, en octobre
de la même année, puis de Renée, en 1510.
Dernières tentatives pour sauver le Duché
En septembre 1504, Anne réussit à faire signer le traité
de Blois qui stipule le mariage de la princesse Claude et de Charles
de Luxembourg, futur Charles Quint : elle considérait encore
que l'indépendance de la Bretagne serait mieux sauvegardée
par un mariage autrichien que par un français. Suite à
une grave maladie, Louis rédige un testament où il rompt
les fiancailles de Claude et Charles et ordonne un mariage aussi rapide
que possible avec François d'Angoulême, futur François
1er. Les efforts d'Anne pour garder l'indépendance de son duché
échouent une nouvelle fois. Elle part effectuer un pélerinage
dans son duché, le Tro Breiz (tour de Bretagne), et à
son retour tente de faire revenir le roi sur sa décision. Elle
se heurte à un refus catégorique. Louis XII réunit
les Etats Généraux qui approuvent ce mariage et fixent
la date des fiançailles. Anne ne réussit qu'à ajouter
une clause au contrat : s'il lui naissait un fils ou une fille, elle
se réserve la possibilité de disposer du duché
en sa faveur.
Les premiers signes de maladie apparaissent chez Anne qui a 36 ans.
La seule possibilité de sauver la Bretagne est de marier rapidement
Renée et lui donner la Bretagne en dot, mais la maladie ne lui
laisse pas le temps de terminer les entretiens en ce sens.
La fin
Elle meurt le 9 janvier 1514. En tant que reine de France, l'honneur
de reposer à l'intérieur de la basilique de Saint-Denis
lui revenait de droit. Elle tint pourtant à léguer son
coeur à la Bretagne. Il est placé dans un réceptacle
d'or fin épousant ses contours et transféré à
Nantes. Sur l'une de ses faces extérieures est inscrit :
Comme il l'avait prédit à la mort d'Anne,
Louis XII meurt moins d'un an après, après avoir marié
sa fille Claude qui remet en dot le duché de Bretagne. L'année
suivante, François reçoit de Claude l'usufruit de la Bretagne,
puis deux mois plus tard l'héritage pur et simple du duché
si elle venait à décéder la première. Claude
de France a un fils, le futur Henri II, et meurt en 1524. Le duché
revient au dauphin. François Ier, qui veut en finir avec cette
situation instable, obtient la réunion de la France et de la
Bretagne le 4 août 1532.
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Le blason des ducs de Bretagne était d'hermines plein, et portait
la devise Potius mori quam foedari, ce qui signifie Plutôt mourir
qu'être souillé. Introduits au XIIIe siècle, ces
symboles ne seront utilisés que sous Anne de Bretagne. On raconte
qu'un jour en chassant, Anne de Bretagne vit une hermine qui préféra
la mort face à aux chasseurs plutôt que de maculer son
pelage en traversant une mare de boue. Emue, la duchesse lui laissa
la vie sauve, et en souvenir de cet incident elle adopta la queue d'hermine
comme symbole.
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Source : "Anne de Bretagne", Hervé Le
Boterf
"En
ce petit vaisseau
De fin or pur et munde
Repose ung plus grand cueur
Que oncque dame eut au munde
Anne fut le nom delle
En France deux fois royne
Duchesse des Bretons
Royale et Souveraine."
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